
Lévénement qui en est à sa 2ème édition, sest déroulé du 19 au 24 décembre 2009. Les Abranis, le groupe de rock kabyle, a eu l’honneur d’animer la soirée d’ouverture, durant laquelle un hommage a été rendu à de grandes figures de la chanson et musique amazighe : Cherif Khaddam, la joueuse de l’Imzad Amérioudh Fatma, la virtuose joueuse de Tindi de Tamanrasset Badi Lala, et bien sûr aux regrettés Athmane Bali et Katchou.
17 troupes venues de Kabylie, des Aurès, du M’Zab et du Grand Sud, retenues après des sélections locales, étaient en compétition. Ce festival tombait à pic, car il coïncidait avec l’ouverture de la saison touristique du Grand sud. Les touristes déjà présents ont eu à découvrir une semaine durant, une facette du patrimoine musical amazigh, et des instruments comme l’Imzad et le Tindi.
Abdessalam Abdenour, chercheur-linguiste, Ounissi Mohamed Salah, chercheur en culture des Aurès, Farida Aït Froukh, anthropologue etc, ont animé en parallèle des conférences sur différents thèmes ayant trait au patrimoine matériel et immatériel amazigh. Aït Froukh a notamment mis en exergue le rôle avant-gardiste de la chanson et des productions kabyles sur les communautés amazighs. Ces chercheurs ont insistés sur le rôle que doivent jouer les moyens audiovisuels, pour la sauvegarde et la protection de l’immense patrimoine musical amazigh.
A l’occasion de ce festival dailleurs, l’Imzad était à l’honneur. Cet instrument, peut-être millénaire, est le symbole targui par excellence. Il est fabriqué par les femmes et son utilisation est exclusivement féminine. Cest une sorte de violon monocorde (corde fabriquée avec du crin de cheval), qu’on frotte avec un archet en crin également, tendu entre les deux bouts d’une « branchiole » arquée. La caisse est une carapace de courge vidée, l’ouverture étant fermée avec de la peau de chèvre pour la sonorité de la corde. L’autre instrument fut le Tindi. C’est une percussion faite avec du bois creusé, la face vide est recouverte de peau de chèvre tannée. Il est également réservé aux femmes, qui tapent généralement à deux dessus.
La clôture du festival fut animée par Amérioudh Fatma avec son Imzad, Aghrib Ahmed avec sa Tazamart (flûte traditionnelle en roseau ou en métal), avant de céder la place une fois de plus à la chanson kabyle avec Rabah Asma pour clôturer la soirée en apothéose. Il faut relever la considération dont jouie la chanson kabyle, puisque c’est avec ça que le festival fut ouvert (Abranis) et fermée (Asma). Pour rappel, Aït Menguellet était linvité dhonneur du 1er festival.
Concernant le palmarès du concours, la troupe Taziri de Khenchela s’est distinguée en remportant le 1e prix pour le chant, la musique et sa prestation sur scène. La troupe Mazal de Béjaïa a quant à elle, remporté le prix de l’interprétation musicale. Ces deux troupes seront aidées pour sortir leur premier CD.
Une bonne nouvelle pour Tamanrasset, le festival sera institutionnalisé. Sans compter quune rencontre internationale est prévue du 14 au 16 janvier 2010 sur l’Imzad. Il est question dinsérer celui-ci dans la liste du patrimoine universel (UNESCO).
Par A.Z.