La station de Tikjda, dont le nom provient de "Tgjdit", en référence aux puissants troncs des cèdres ayant servi comme piliers centraux et symboliques aux maisons kabyles traditionnelles, permet la pratique régulière de tous les sport de montagne, été comme hiver. La piste de "Tigounatin" aménagée dans la cédraien a toujours été la plus populaire contrairement à celles vertigineuses et nues de l’Akouker – les téléskis n’ont fonctionné que quelques semaines avant que le climat tempétueux ne les neutralise. Les randonnées, le trekking, la spéléologie et lescalade de haut niveau (au vu des aiguilles calcaires qui composent la chaîne du Djurdjura), sont aussi très populaires avec l’introduction encore timide du parapente en dehors de quelques pratiquants chevronnés. La station compte 2 télésièges, plusieurs remontées mécaniques aujourd’hui obsolètes et hors d’usage, qui permettaient aux skieurs du chalet du Kef et de l’Hôtel Djurdjura de rejoindre le haut des pistes.
Tikjda est en outre le siège d’une riche flore et faune endémiques (macaques, lynx, sitelles, aigles royaux, vautours, faucons, chacals, sangliers, panthères…cèdres, chênes verts et zéens, pins noirs, érables, peupliers géants…). Quelques Français y ont implanté plusieurs chalets privés ou hôtels tel le Chalet du Kef (bâti sur un ancien kef, c’est-à-dire baraquement de chasseurs), la Résidence des Chemineaux, le Refuge du Djurdjura – devenu après l’indépendance le complexe hôtelier avec son auberge et ses appartements « Djurdjura ».
Mr. Muller, Allemand d’origine et partisan de l’indépendance de l’Algérie a longtemps et fermement présidé aux destinées du Parc National du Djurdjura avant d’être nommé à la fin des années 1980 à la direction du Parc National du Tassili (il fut à l’origine de l’initiative heureuse de l’arrêt en Algérie du polluant Paris-Dakkar qui traversait ce site fragile – . Il aura aussi fondé l’école de ski, aujourdhui caserne de la Garde Communale de Tikjda. Un agent forestier y donne aux visiteurs des informations et recommandations importantes sur les sites du Parc ainsi que les divers restrictions propre à la gestion des parcs nationaux que doivent observer les visiteurs : interdiction d’arracher/cueillir les plantes, le ramassage des graines, la coupe du bois, nourrir les animaux, la sensibilisation aux risques d’incendies.
Tikjda constitue le point de départ pour de multiples périples panoramiques surplombant au nord le Massif Central de Kabylie où se nichent en nids d’aigles près d’un millier de villages berbères, et au sud, la kabylie de la Soummam et celle des Bibans, riches plaines fertiles du pays kabyles aux abords des Hauts Plateaux. Sinon, une infinité de chemins pastoraux de haute montagnes permettent de passer d’un massif à l’autre (rejoindre Tala Guilef au nord de la chaîne occidentale du Djurdjura, le Haïzer, de découvrir les cédraies endémiques soit en touffes isolées en très haute altitude (au-delà des 2000m), soit en forêts telles celles de Tigounatine, Tiwlalt, ou plus loin, la fameuse forêt des At Ouabanes (cèdres/chaînes/érables/peupliers/mélèzes dont les couleurs revêtent celles de l’été indien nord-américain), siège de nombreuses légendes et comptes kabyles. Depuis tikjda on peut rejoindre Tamda Goulmin (le bassin du lac), une sorte de marre, ou lac, d’altitude assez particulier, et bien d’autres.
Enfin, Tikjda offre le plus beau point de vue sur les sommets phares du Djurdjura : la Pyramide de Tamgout Amghor Lalla Khlidja (plus connue sous Lalla Khedidja, 2308m), et Aqerru Timedwin, vertigineuse montagne nue aux paysages lunaires et pictée sur sa crêtes de nombreux bassins naturels ou de profonds "trous" ou se nichent eau et glaces dites "éternelles" (d’où son nom de Timedwin), alimentant les innombrables sources qui coulent continuellement de part et d’autre de ses versants.

