CASABLANCA | Casablanca Port Terminal 3 | #U-C

Port de Casablanca Le terminal 3 opérationnel en 2011

· Un projet de 1,7 milliard de DH

· Une capacité additionnelle de 600.000 EVP

· Une nouvelle desserte pour fluidifier la circulation des camions

Les travaux pour l’exploitation du 3e terminal à conteneurs du port de Casablanca avancent à un rythme assez soutenu. «Le projet est réalisé à hauteur de 60%. Le terminal sera opérationnel au deuxième semestre 2011», annonce Jamal Benjelloun, DG de l’Agence nationale des ports (ANP). Cependant, le chantier risque d’accuser 3 mois de retard. Imprévus attribués principalement aux problèmes de houle, de déroctage et aux intempéries. «Le nouveau matériel que nous venons de réceptionner va nous permettre de rattraper ces retards», précise le management de l’ANP. L’enjeu de ce projet est qu’il doit permettre au port de faire face à la croissance internationale du trafic de conteneurs (8 à 10%). La capacité du port -qui est d’un million d’équivalents vingt pieds (EVP)- passera courant 2011 à 1,6 million, soit une augmentation de 600.000 EVP. «Actuellement, le port reçoit 800.000 EVP pour une capacité de 1 million. Avec la croissance du trafic de conteneurs, cette capacité connaîtra une saturation fin 2011. Or, c’est la date à laquelle le terminal sera en phase d’exploitation», précise Benjelloun. De plus, le nouveau terminal permettra de réduire le temps d’attente des navires, de décongestionner les terminaux existants et d’augmenter la capacité d’accueil grâce à une nouvelle disposition des tirants d’eau. Celle-ci permettra de réceptionner des navires des 4.000 à 5.000 EVP.
Le coût total du nouveau terminal est de 1,7 milliard de DH. Plus précisément, 800 millions de DH seront alloués à la première phase des infrastructures et financés par l’Agence nationale des ports (ANP). Le reste (900 millions de DH) sera dédié aux équipements et superstructures, à réaliser par le futur concessionnaire.
Ce projet intervient dans un contexte international marqué par le démantèlement tarifaire douanier progressif, suite à la conclusion par le Maroc de plusieurs accords de libre échange (ALE), l’accélération des investissements et la réalisation de projets de développement impliquant une hausse des importations. Aussi, le projet vient-il répondre aux exigences de la libéralisation du transport maritime et au renforcement de la concurrence entre armateurs. Ce qui se traduit déjà par une augmentation de la taille des navires conteneurs. Le contexte actuel prévoit aussi la transformation du port de Casablanca en «way-port» par les armateurs. Une configuration qui se traduira davantage par l’utilisation de grands navires.

L’autre chantier structurant de l’ANP consiste en la création d’une nouvelle desserte (Nord). «La première phase de ce projet est en cours de réalisation», souligne le DG. Cette desserte, qui devrait être mise en service en avril 2010, vise à faciliter l’accès directement au port à partir du boulevard Moulay Ismaîl, à proximité de la centrale ONE. Elle permettra une meilleure fluidité du trafic routier du port. Le projet consiste en la réalisation d’une chaussée à 4 voies avec accotements de 1 mètre sur une longueur de 1.500 m de deux voies (de 3,5m chacune de largeur sur une longueur de 200m pour stationnement (attente camions). S’y ajoute un talus en tétrapodes et enrochement pour la protection des terre-pleins côté mer et la viabilisation de la desserte (éclairage, assainissement, signalisation,…). Le montant global de l’investissement lié à la desserte est de 110 millions de DH.
Pour rappel, le port de Casablanca assure près de 87% du trafic national des conteneurs. L’enceinte portuaire de la métropole économique traite plus de 26,3 millions de tonnes par an (soit plus de 36% du trafic portuaire national). Autant de marchandises acheminées de et vers Casablanca, à bord de plus 3.300 escales par an.

Feuille de route

Suite à l’évolution de l’activité conteneurs qui a été marquée par une progression à deux chiffres (+20% en 2007), les installations dédiées au traitement de ce trafic ont été saturées. Du coup, le port de Casablanca a vécu une situation de congestion. Pour faire face à cette saturation, un plan d’actions a été élaboré par l’ANP, en étroite concertation avec la communauté portuaire. Signée le 14 décembre 2007, la feuille de route vise l’accélération du développement de nouvelles infrastructures et superstructures portuaires dans la zone de Casablanca. Elle prévoit également la réorganisation du mode d’exploitation de l’espace portuaire, la simplification et la rationalisation des procédures de contrôle des différents intervenants dans la chaîne du transit portuaire. Ce programme a aussi pour objectif d’optimiser le circuit d’information entre les différentes parties prenantes.