Lindice de développement humain des trois régions du sud est de
0,729 contre 0,672 au niveau national.
Scolarisation, santé, éducation, accès aux infrastructures
, elles font largement mieux que la moyenne nationale.
Le taux de pauvreté le plus bas du Maroc et un niveau de vie réel supérieur à celui des pays arabes.
http://www.lavieeco.com/economie/154…te-publie.html

Langues :Le hassanya mais aussi le français
La langue arabe reste la langue la plus dominante dans la région. Mais contrairement à ce que lon pourrait croire, la langue française est de plus en plus présente dans nos provinces sahariennes. Le rapport souligne que le français est maîtrisé par 40,1% de la population de Laâyoune. De même que 38,1% des habitants de Oued Ed Dahab parlent cette langue et 35,4% à Smara alors que la moyenne nationale des personnes maîtrisant la langue française est de 30,4%.
Le dialecte saharien, le hassanya, est également très présent dans les provinces du sud. Elles sont quelque 195 000 personnes qui lutilisent dont 87 000 personnes à Laâyoune, 68 600 à Guelmim-Smara et 13 500 à Oued Ed Dahab Lagouira. Le tachelhit est également courant dans les provinces du sud. On le trouve surtout dans la région de Guelmim où près de 50% de la population parlent ce dialecte.
Cest lhistoire dun rapport qui na jamais été publié. Le fait nest pas inhabituel certes, mais sagissant des provinces du sud, il prend toute son importance. Mené par un expert indépendant et aboutissant, de surcroît, à des conclusions très positives, son cas intrigue : pourquoi le Maroc nen a-t-il pas profité, notamment pour améliorer son image à linternational dans le dossier du Sahara ? Car, si lon devait retenir une seule conclusion, cest que 35 ans après leur récupération, les territoires compris dans les provinces du sud se sont totalement transformés. En 1975, ces régions affichaient les taux de développement les plus bas. Aujourdhui, ils sont dans le haut du panier.
Basé sur les chiffres officiels fournis par les administrations, sur les travaux du Haut commissariat au Plan (recensement, enquêtes sur lemploi, sur le niveau de vie, sur la consommation) ainsi que des enquêtes de terrain, le rapport a été élaboré, à la demande de lEtat, par un économiste, ex-expert auprès du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Titré «Rapport sur le développement humain dans les provinces du sud du Royaume : Acquis et perspectives», il a été finalisé en août 2008, mais na jamais fait lobjet dune communication publique.
En 1975, près de 50% de la population du Sahara vivait en dessous du seuil de pauvreté et lanalphabétisme était quasi généralisé. De même, lindice de développement humain dans cette zone était déjà largement inférieur à celui affiché à lépoque par le reste du pays. Après un long processus de développement initié par les pouvoirs publics, la situation aujourdhui sest complètement inversée. Ainsi, les conditions de vie dans les trois régions de Oued Ed Dahab-Lagouira, Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra et Guelmim-Smara sont meilleures que celles de toutes les régions du pays, à lexception des deux régions centrées autour de Rabat et de Casablanca.
Entre 1984 et 2004, le niveau de vie a pratiquement doublé dans les provinces du sud. Le PIB par habitant a connu une croissance telle quil dépasse aujourdhui la moyenne nationale dans les deux régions de Oued Ed Dahab et de Laâyoune. Les salaires versés par ladministration publique y sont pour beaucoup puisque celle-ci accorde 84% de la rémunération de lensemble des salariés des trois régions, soit léquivalent de 8 milliards de DH.
Le taux de croissance du bien-être économique (PIB par habitant exprimé en partie de pouvoir dachat) ou encore du niveau de vie réel lui aussi y a atteint des taux records : 3,3% par an contre 1,7% pour lensemble du Maroc. Le taux de pauvreté y est passé de 29,4% en 1975, qui était le taux le plus élevé au Maroc à lépoque, à 9,6% en 2004, le plus bas du pays. En vingt ans, la pauvreté a diminué de 66%, soit deux fois plus rapidement quà léchelle nationale.
On vit trois ans de plus à Oued Dahab quau niveau national
Le niveau dinstruction et dalphabétisation na pas été en reste. Il a nettement progressé. Le taux de scolarisation au sein de la population en âge daller à lécole (entre 6 et 22 ans) a atteint 77,5%, en 2006, dans les trois régions du sud. Un résultat largement au-dessus de ce qui est réalisé dans les autres régions, à lexception de celles du Grand Casablanca (84%) et de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër (78,9%).
A linstar de lenseignement, la santé sest nettement améliorée. En atteste lévolution positive de lespérance de vie à la naissance qui, en 2006 déjà, était de 74,8 ans à Oued Ed Dahab-Lagouira, 73,4 ans à Laayoune-Boujdour-Sakia El Hamra et 72,3 ans à Guelmim-Smara ; alors que la moyenne nationale plafonnait à 71,8 ans. Les vastes programmes prioritaires mis en place par les pouvoirs publics ont permis de renforcer tous les indicateurs de santé publique de manière à réduire lécart entre les régions du sud et celles du Grand Casablanca et de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër qui détiennent les meilleures performances à ce niveau. Alors que le taux de mortalité des enfants de moins dun an est de 37 pour mille à léchelle nationale, la région de Oued Ed Dahab-Lagouira enregistre 22,9 pour mille, 32,9 pour mille à Guelmim-Smara et 33,8 pour mille à Laayoune-Boujdour-Sakia El Hamra. Mais les régions du Grand Casablanca et de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër continuent à détenir les meilleurs taux avec respectivement 15,2 pour mille et 21,5 pour mille.
La même évolution a été enregistrée au niveau de la qualité des équipements sociaux. En 2004 déjà, le taux daccès des ménages au réseau deau potable était supérieur à la moyenne nationale. Même chose pour laccès à lélectricité dont le taux de couverture atteint 93,2% à Laâyoune et 75,9% à Aousserd alors que la moyenne nationale est de 71,6%. Seule la province de Tata affiche encore un taux délectrification inférieur à la moyenne nationale, mais légèrement, puisquil est de 70,1%.
Les trois régions sont en outre mieux équipées en matière de télécommunications. Elles sont mieux couvertes que la plupart des autres régions du pays. Alors que la moyenne nationale de personnes disposant dun téléphone portable était de 60,6% en 2004, les trois régions du sud faisaient mieux avec 72,8% pour Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra, 66,2% pour Oued Ed Dahab-Lagouira et 62% pour Guelmim-Smara.
Résultat de ces évolutions, un indicateur de développement humain en hausse très notable. En 1975, lIndicateur du développement humain (IDH) de ces trois régions marocaines du sud était de 0,408. A lépoque, il était inférieur de 6,2% à celui du Maroc et de 51% à celui de lEspagne. Dix ans plus tard, ces trois régions allaient rattraper le retard quelles avaient par rapport au reste du pays et, en 2006, elles le surclassent, lIDH y a été calculé à 0,729. Cest nettement mieux que lIDH national estimé lui à 0,672. Le Maroc serait classé, en fonction de cet indice, au 120e rang dans le classement dans les échelles du PNUD. Prises isolément, les trois régions du sud «monteraient théoriquement jusquau 107e rang», soit le niveau de développement «des pays qui tendent à concourir en tête du groupe de pays à développement humain moyen», précise-t-on.
Selon le rapport, «la poursuite de la croissance de lIDH des provinces du sud au rythme actuel très élevé de 2,3% par an entre 2004 et 2006 leur permettrait potentiellement de franchir dici cinq ans le seuil de 0,800, considéré par le PNUD comme celui dun développement humain élevé».
Le rapport en conclut alors que «les acquis accumulés dans les provinces du sud depuis leur réintégration au Royaume devraient, à terme, leur permettre de franchir le seuil de lirréversibilité en termes de développement humain».
Avec 2,7% des habitants, elles produisent 4% de la richesse nationale
Cette évolution spectaculaire reste pourtant mitigée sur le plan économique. La part de ces régions dans la création de richesses sest élevée en 2004 à seulement 4% de la production nationale et, depuis, elle na pas progressé grandement en part relative. Mais cest une contribution jugée quand même importante eu égard au poids démographique de la région (2,7% de la population du pays).
Il nen demeure pas moins que les provinces du sud recèlent un important gisement de croissance. Daprès le rapport, «lactivité de pêche maritime peut devenir un relais de croissance décisif». En 2006, déjà, les débarquements de produits de la pêche côtière à partir des régions du sud représentaient 67% en quantité et 40% en valeur du total des débarquements provenant de la côte atlantique du Royaume. Cette performance est due, principalement, aux efforts déployés ces dernières années par les pouvoirs publics pour le renforcement des investissements en matière dinstallations portuaires et dinfrastructures industrielles, commerciales et de formation professionnelle.
Aussi, toutes les villes du sud de lAtlantique marocain (Dakhla, Laâyoune, Tan Tan, Tarfaya et Boujdour) disposent-elles de ports de pêche. Sy ajoutent 10 villages de pêche avec les points de débarquements qui renforcent la pêche artisanale. Lartisanat est aussi une activité prometteuse. Pour favoriser son essor, les pouvoirs publics ont construit des ensembles artisanaux au profit de 300 artisans à Laâyoune, Oued Ed Dahab, Guelmim, Assa-Zag, Tan Tan et Smara. De même, 11 centres dispensent une formation à 2 900 lauréats dans les filières de lartisanat.
Autre secteur porteur : le tourisme. La région dispose dun potentiel touristique important pour une offre touristique de qualité en direction à la fois du marché intérieur et de la clientèle internationale. Dimportants investissements ont été réalisés dont 10 unités hôtelières classées dans la région de Guelmim-Smara et 12 dans Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra.
Destination attractive pour les habitants des autres régions
Naturellement, relève le rapport, les trois régions du sud du Maroc savèrent être un espace daccueil de populations désireuses de profiter des opportunités demploi et dactivité ainsi que des équipements, infrastructures et services sociaux. Entre 1999 et 2004, la région de Oued Ed Dahab-Lagouira a accueilli léquivalent de 20,5% de sa population ; Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra 14,9% et Guelmim-Smara 9,1%. Les régions à faible taux de pauvreté ont attiré les plus grands flux migratoires, fait-on remarquer.
La croissance de cette population nest donc pas due à une augmentation exceptionnelle du taux de natalité même si le nombre moyen denfants par femme y est élevé, comparé à la moyenne nationale. (En 2004, il a été de 3,5 à Oued Ed Dahab, de 3,1 à Smara et Boujdour, de 2,9 à Assa-Zag et à Tata et de 2,6 à Laâyoune contre 2,5 à léchelle nationale).
Ce phénomène a accentué ainsi le processus durbanisation dont le taux est passé de 68,4% en 1994 à 71,5% en 2004 contre 55,1% à léchelle nationale. Ce taux sélève à 92,3% à Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra, contre 62,2% pour Oued Ed Dahab-Lagouira et 60% pour la région Guelmim-Smara.
Le rapport préconise ainsi de «préparer la suite du processus de développement, déquipement, dinfrastructures et de prestations de services sociaux dans les provinces du sud dans une perspective où, à linstar dAgadir au centre du Royaume, des villes comme Laâyoune, Dakhla, Boujdour, Guelmim et Tan Tan pourraient devenir des pôles dattraction humaine et des espaces de croissance économique». Il recommande également danticiper la pression que ces développements auront sur le secteur de lhabitat, les services sociaux et sur les infrastructures et équipements locaux. Sinon, mettent-ils en garde, «ce sont les acquis de trente années de croissance de lIDH qui seraient (compromis) si la planification stratégique ignorait lévolution de la démographie des provinces du sud».